UN ACCORD DANGEREUX POUR LES SALARIÉS
UNE GEPP, POUR QUOI FAIRE ?
Un accord de Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels (GEPP) doit anticiper les évolutions des métiers et sécuriser les parcours des salariés face aux transformations de l’entreprise. Il devrait être un outil de protection et de garanties collectives.
Cet accord s’inscrit dans le plan stratégique dynamiC (2026–2028). Ce plan dit de « reconquête » sur le marché de l’assurance et de la réassurance vise à la performance et à la rentabilité.
Entre menace sur les emplois et durcissement des conditions de travail, ce sont les salariés qui en paieront le prix.
DERRIÈRE DES MOTS RASSURANTS, TOUJOURS PLUS DE CONTRAINTES
Avec les termes de « transformation », de « mobilité boostée » ou de « gestion pilotée renforcée », se déploie une novlangue managériale pour mieux masquer les effets.
On ne réduit pas les effectifs, on « PILOTE ».
On ne met pas sous pression, on « BOOSTE ».
On ne supprime pas des postes, on « TRANSFORME » des métiers.
Ce glissement sémantique n’est pas neutre. Sous couvert d’anticipation et d’employabilité, l’accord organise une flexibilité accrue de l’emploi au service de la rentabilité.
L’APC : LE PERMIS DE LICENCIER
Cet accord GEPP est un outil au service de la direction pour faire du salarié une simple variable d’ajustement.
Pire encore, l’Accord de Performance Collective (APC) maintenu dans le chapitre 6 de la GEPP, autorise la direction à licencier plus facilement les salariés dont elle ne veut plus.
Elle s’en est déjà servi à plusieurs reprises. Entre 2022 et 2024, nous déplorons 164 mobilités contraintes et 26 collègues licenciés chez COVÉA.
UNE « GESTION PILOTÉE RENFORCÉE » QUI ACCÉLÈRE LA BAISSE DES EFFECTIFS
La « gestion pilotée » était déjà un outil d’ajustement permanent des effectifs. On nous invente la « gestion pilotée renforcée ».
Cette nouvelle expression illustre parfaitement le décalage entre les mots et les faits : derrière un terme technique, une réalité simple – la direction passe à la vitesse supérieure dans la réduction des effectifs :
♦ Chaque remplacement devient optionnel.
♦ Chaque poste vacant peut disparaître.
Les conséquences sur les conditions de travail sont connues : travailler plus avec moins de moyens humains.
LA MOBILITÉ « BOOSTÉE » : UNE MOBILITÉ PRÉTENDUMENT VOLONTAIRE
Si votre service ou site est considéré comme « en transformation » (on ne dit plus « sensible » car trop anxiogène) , vous serez soumis au nouveau régime de « mobilité boostée » qui prétend renforcer les dispositifs déjà existants.
Présenté comme volontaire, valorisé, et incitatif, il fait porter au seul salarié la responsabilité de son reclassement. Refuser de bouger devient un risque, et si les départs ne sont pas assez rapides, les directions métiers pourront utiliser l’APC.
| QU’EST-CE QUE L’APC ?
Un Accord de Performance Collective est un dispositif que l’employeur peut déclencher à tout moment, sans motif économique et sur simple objectif de rentabilité, qui permet : |
| L’IA, AUTRE ANGLE MORT DE CET ACCORD
Ce sujet est essentiel pour le devenir de nos emplois. Dans le secteur banque/assurance/assistance, l’annonce de plans de suppressions de postes liés à l’IA démontre la nécessité d’anticiper les impacts pour mieux préserver l’emploi. |
| QUELLES CONSÉQUENCES POUR LES SALARIÉS MMA ?
Chez MMA, le plan stratégique prévoit le nonremplacement d’un départ sur deux (tout départ confondu : retraite, démission, licenciement). La baisse des effectifs est prévue dans les directions : Marchés Pro et Entreprise, Opérations et Efficience, et Indemnisation (gestionnaires et conseillers). |
EN CONCLUSION
Négocier un accord implique des compromis. Dans le cas présent, l’équilibre n’y est pas. La direction ne protège pas les salariés dans leur parcours professionnel et les livre aux aléas de ses objectifs de rentabilité.
Beaucoup de verbiage dans ce document de 97 pages mais peu de moyens financiers, aucune revalorisation des primes ou indemnités pour la mobilité depuis 2018, aucun plan de formation à la hauteur pour accompagner les salariés dans l’évolution des métiers.
Signer un tel accord, qui organise la flexibilisation de l’emploi, facilite les modifications du contrat de travail et permet des licenciements au nom de la performance et de la compétitivité, est une atteinte grave aux droits des salariés.
Nous sommes élus pour défendre les salariés, pas pour les trahir.
Covéa a largement les moyens de garantir le maintien dans l’emploi de tous les salariés notamment par la formation, parent pauvre de cet accord.
LA CGT COVÉA EST LE SEUL SYNDICAT À AVOIR DEMANDÉ LA SUPPRESSION DE CET APC.
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