La présentation du rapport de l’expert qui est intervenue au CSEC de novembre 2025, continue de nous conforter dans notre vision défavorable de la politique sociale impulsée par Covéa ces dernières années.
Les pistes qu’il lance sont balayées d’un revers de main par une DRH qui considère que la politique sociale menée par Covéa est exceptionnelle.
Pour autant cette politique sur l’emploi des jeunes est selon nous, loin d’être au rendez-vous. Ainsi, sur l’alternance le groupe est loin de faire concurrence dans la branche. Ce point est régulièrement mis en avant par l’expert mais cette fois, la réponse est claire et le groupe ne compte pas s’améliorer.
Pour la CGT, il s’agit là d’une source de fidélisation et d’engagement importante qu’il conviendrait d’ailleurs de travailler davantage sur la population cadre. On veut de l’engagement, mais on n’y met pas les moyens qui restent concentrés sur une communication « poudre aux yeux ».
Nous assistons d’ailleurs à une politique sociale stigmatisante pour les jeunes. « Ils ne sont pas engagés, ils sont les rois de l’absentéisme, ils veulent tout, tout de suite, ils prennent ce qu’il y a à prendre et s’en vont… » Bref, autant de présupposés qui sont difficiles à entendre. Le focus de l’expert sur la gen Z et Y reste intéressante et le groupe ferait bien de s’y pencher. Les jeunes générations sont engagées, et ont une conscience professionnelle, autant que les autres salariés. Ils attendent juste de la reconnaissance.
A la place, on les prive de maintien de salaire s’ils sont malades la première année, on en fait des exemples en rompant violemment leur période d’essai quand ils osent s’exprimer, on leur demande une efficacité totale sans formation suffisante pour une réelle montée en compétence.
D’ailleurs, si on parle absentéisme, on se rend compte à travers les données chiffrées de l’expert que les courts arrêts de travail ne sont plus une question aujourd’hui puisque le taux reste dans la moyenne de la branche.
Depuis l’origine du dossier lié à l’absentéisme la CGT demande un travail de fond sur les causes réelles de l’absentéisme qui passe par une étude des conditions de travail, des organisations ainsi que de la pénibilité de certains métiers. Les projets PACT dans certaines directions ne vont pas assez loin dans cette étude.
Nous craignons d’ailleurs que la gestion pilotée des effectifs, n’accentue considérablement l’absentéisme à l’avenir. Le non-remplacement de départs dans certains secteurs provoque déjà une forte dégradation des conditions de travail dès lors que la charge se retrouve répartie du jour au lendemain sur des équipes déjà en tension.
Quant à la déclinaison du plan stratégique, il va être important de bien accompagner les équipes en tension et de favoriser rapidement les mobilités pour limiter le plus possible mobilités contraintes et surtout licenciements.
Nous dénonçons également toutes les procédures disciplinaires qui ne font que s’accentuer au fil des mois et qui traduisent une réelle violence par l’utilisation quasi systématique de mise à pied à titre conservatoire. Plusieurs procédures nous font dire qu’au regard des faits reprochés, ces procédés sont vexatoires, humiliants et génèrent un maximum de stress pour les équipes.
Sur l’investissement RH, nous rappelons que les formations métiers et techniques en présentiel représentent, selon nous, un atout majeur pour sécuriser nos fondamentaux techniques. Le coût que la formation professionnelle représente n’est qu’un gain essentiel pour l’avenir.
Sur la notion d’égalité salariale au sens large, l’écart de salaire entre les nouveaux embauchés et les salariés en place continue de s’amenuiser considérablement dans certains secteurs et risque sérieusement de poser problème en termes d’équité et de reconnaissance. Il reste important de donner du sens aux salariés en poste et de ne pas détruire leur engagement.
La CGT espère que la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale permettra de rééquilibrer ces écarts.
En conclusion et comme les années précédentes, l’ensemble de ces éléments nous laissent l’impression d’une politique sociale gérée au jour le jour, sans bienveillance ni humanité, en fonction des seuls intérêts économiques.
Les déclinaisons des orientations stratégiques nous inquiètent considérablement pour l’avenir.
S’ils avaient pu voter, les RS CGT au CSEC auraient émis un avis défavorable sur la politique sociale menée par Covéa.