Nous notons l’intention affichée : offrir des environnements de travail plus modernes, plus sobres et plus ergonomiques. Cette ambition, portée notamment par la rénovation technique et énergétique de Corail et par la généralisation de la charte NET, peut constituer un progrès tangible pour les salariés si, et seulement si, la qualité de vie au travail en est la boussole effective et non un simple horizon.
À Tivoli, le quartier DMC au G4 esquisse un cadre propice au collectif : une salle de réunion, des bulles digitales, un espace « daily », des bureaux électriques réglables et une dotation IT homogène favorisent la circulation des idées autant que des personnes. De même, à Corail, la promesse d’un bâtiment rénové, mieux éclairé, mieux insonorisé, complétée par des espaces spécifiques (supervision, cellule de crise, zone RGPD), dessine un paysage de travail plus lisible, où les usages seraient enfin différenciés et respectés. Nous pourrions reconnaitre ces avancées.
Cependant, sur le projet de TIVOLI, la tension entre effectifs et places disponibles – dix‑sept postes dits « dédiés » pour vingt‑quatre salariés, auxquels pourraient s’ajouter une quinzaine d’invités – fait peser le risque d’un nomadisme subi, générateur de dispersion, de bruit, et d’un sentiment d’instabilité au quotidien. La confidentialité semble également oubliée : une seule « cabine téléphonique » et deux bulles pour absorber appels sensibles, échanges RH, coups de fil médicaux ou simples besoins de concentration n’offrent pas de garanties suffisantes.
À Corail, le choix d’un flex tendu (0,70 à 0,75) pour des équipes à très forte présence – exploitation, support, supervision – expose à la même dérive : saturation, conflits d’usage, hausse du niveau sonore, fatigue attentionnelle. Or l’open‑space n’est vivable qu’à la condition d’être finement régulé : par l’acoustique (plafonds et panneaux absorbants, sols adaptés), par les règles d’usage (zones calmes, visios en bulles, pas d’appels « au bureau »). À cela s’ajoute une phase transitoire longue – des replis dès avril 2026 jusqu’au retour en cible au premier trimestre 2028 – qui, si elle n’est pas traitée avec le même niveau d’exigence ergonomique, fera mécaniquement baisser la qualité de vie au travail : perte de repères, dilution des collectifs, charge mentale accrue.
Créer un cadre de travail plus esthétique et plus moderne ne fait pas tout. Il est essentiel de s’appuyer sur les besoins des collègues.
S’ils avaient pu voter, les RS au CSEC auraient émis un avis défavorable.