Avis de la délégation CGT au CSEE des 25 et 26 mars 2025
Une fois encore, la direction de Covéa, sous couvert d’économie en rationalisant les mètres-carré, décrète un aménagement des espaces : charge à la direction-métier, en l’occurrence la Direction Assurance Vie de s’adapter.
La base d’un environnement de travail de qualité, c’est un espace qui prend en compte et qui s’adapte aux besoins et contraintes de l’activité.
Or, ce projet est construit à l’inverse : l’activité de la DAV va devoir s’organiser dans un environnement de travail imposé.
Pourtant, les services de la DAV s’organisent sous forme d’un écosystème délicat et fragile. L’échange, la stabilité et la cohésion en sont la base.
Tous ces postulats sont battus en brèche dans ce projet, le Flex Office étant l’antithèse de la stabilité et de la cohésion.
D’un espace personnalisé dans une équipe cantonnée, nos collègues devront demain s’installer dans leur quartier au gré des disponibilités.
Ces espaces moins cloisonnés vont générer une augmentation du bruit. L’objectif de la DAV consistant à demander aux conseillers d’augmenter le nombre d’appels sortants va également générer plus de bruit. La concentration des salariés ne peut que s’en trouver perturbée. Cela risque d’induire plus de stress. Or, des salariés sous pression dans un environnement bruyant, ce sont potentiellement plus d’arrêts de travail ce qui est en total contradiction avec le programme CARE.
Par ailleurs, diminuer le nombre de postes de travail nous semble incohérent avec la volonté de la DAV de diminuer le taux d’accès aux formules 17 et 22 JATT et qui de fait augmentera la présence sur site.
Covéa Immobilier semble également ignorer que le zéro papier est loin d’être une réalité à la Direction Assurance Vie. Ce sont des milliers de courriers et des centaines d’AT40 qui arrivent annuellement. D’ailleurs, nous n’avons pas trouvé de local courrier sur les plans.
Au-delà du zéro papier, il parait impératif de rappeler que la majorité des données traitées à la DAV sont confidentielles et doivent être stockées de manière sécurisée.
Il en va de même sur la confidentialité de nombreux échanges verbaux et sur la spécificité de certains métiers qui consistent à faire de l’animation du matin au soir ; ce qui va conduire de nombreux collègues à s’isoler dans des bulles qu’il convient de prévoir en quantité suffisante et équiper de matériel permettant de répondre aux besoins de l’activité.
Pour rendre un avis objectif et éclairé, les élu.e.s CGT sont allés interroger et échanger avec les premiers concernés.
Or, avant d’interroger et d’échanger avec nos collègues, il nous a d’abord fallu les informer ou confirmer leurs doutes. (Il est effectivement questionnant de voir des personnes venir prendre des photos et des mesures sans aucune explication.)
La DAV a fait le choix de ne pas communiquer sur le projet. Disons qu’elle a surtout fait le choix de hiérarchiser le niveau d’information en communiquant auprès des managers tout en leur imposant de ne pas diffuser l’information. Mentir ou cacher n’a jamais été bénéfique. Bien au contraire, cela influe négativement sur la confiance accordée.
Nous ne comprenons pas les motivations de ce choix qui semble être une habitude bien plus qu’une exception. Nous alertons la DAV sur l’absence et/ou le manque de communication relevés dans une grande majorité des équipes et vécus par une majorité de collègues comme du dédain.
Il est difficile d’être un salarié engagé lorsqu’on considère être un salarié méprisé.
Nous espérons que l’éloignement du site Californie par rapport à la gare n’engendrera pas une diminution des visites du management parisien.
Une transparence sur le coût de ce projet aurait permis une analyse objective des priorités données. Il est fait le choix de réaménager un espace neuf de quelques années. A choisir, les salariés auraient préféré que ce budget soit alloué à l’augmentation de leur salaire !
La présentation du projet pourrait laisser croire que la démarche d’accompagnement NET sera pluridisciplinaire et participative (notons au passage le profil attendu d’un Réf’FLEX : capable de mobiliser, de faire passer les messages et d’être promoteur), nos collègues seront à même de nous dire si leurs besoins et contraintes au poste de travail et dans leur quotidien ont été pris en compte.
Enfin, nous rappelons à la direction que le temps passé à installer et désinstaller son outil de travail, auquel s’ajoute, dans l’environnement Flex, celui passé au nettoyage du bureau, n’est pas un temps où le salarié vaque à ses occupations personnelles. Nous réitérons notre demande qui consiste à ce que ce temps soit réintégré dans les compteurs des salariés au badgeage.
Compte tenu de ce qui précède, les élu.e.s et représentant CGT émettent un avis négatif sur le regroupement de la DAV sur espace P et sur l’aménagement en NET.