La direction a présenté un projet de modification de la revue de dossiers (RDD) lors du CSEE des 17 – 18 décembre 2025. Comme cela nous l’a été présenté en instance, « la RDD est le contrôle de niveau 1 réalisé dans le cadre de la Démarche Collaborative Performance depuis 2016 et restituée par le manager de proximité. Elle vise à assurer la conformité et la maitrise des risques au quotidien, par l’évaluation de dossiers aléatoires, des équipes opérationnelles dans leurs activités courantes. »
La direction souhaite modifier ce système de RDD pour l’évaluation des salariés car celui-ci serait obsolète et en inadéquation avec les différentes évolutions des process et du métier. Elle indique également que ces actions de contrôle et de préparation de ces RDD est chronophage pour les contrôleurs (ce travail est effectué par les Chargés de Qualité Métier, CQM). Enfin, elle termine son constat en expliquant que ce système de RDD se fait avec le logiciel E-front depuis 2022.
Comme à son habitude, la direction a composé un groupe de travail de différents salariés pour mener à bien son projet et prétend que celui-ci a été initié et établi en co-construction à la demande et avec l’accord de ces derniers.
Avec ce projet, la direction vise plusieurs objectifs, notamment l’actualisation des RDD pour les rendre plus lisibles, augmenter leur fréquence en les passant de 2 à 3 par an par salarié et ainsi, selon elle, «atteindre les standards pour garantir la conformité et la qualité des pratiques au service des sociétaires ».
À la lecture de ce projet, la CGT constate tout d’abord la simplification des grilles de RDD, ce qui est une chose positive pour la bonne compréhension des responsables, des contrôleurs et des chargés. En revanche, si cette mise à jour vient coller aux évolutions des process et du métier, cette simplification passe par un élargissement des termes utilisés. Ainsi, que ce soit pour la grille France ou Etranger, les futurs items utilisés seront beaucoup plus larges que précédemment. Le travail à évaluer par les contrôleurs sera donc plus vaste.
Il faut également insister sur l’augmentation de la fréquence des entretiens liés à ces RDD qui passent de 2 à 3 par an. La direction prétend que cette augmentation vise à un meilleur équilibre et à un renforcement des liens entre le chargé et son responsable. La CGT n’est pas dupe et n’y voit qu’une manière supplémentaire de fliquer toujours plus les chargés d’assistance. Dans ce genre d’entretien, il n’est aucunement question d’humain mais de chiffres, de productivité et de rentabilité. La CGT met en avant aussi le fait que cette augmentation des RDD va une fois de plus alourdir le quotidien des responsables d’équipe par un entretien supplémentaire à réaliser au cours de l’année.
Avec ce projet, la direction nous présente un énième chantier soi-disant « collaboratif » qui vise à la simplification des RDD. Ce chantier vient surtout élargir la base d’évaluation des salariés, augmenter la fréquence des évaluations qui va donc être une source de pression supplémentaire pour les chargés. Cette évolution viendra aussi de facto alourdir la charge de travail des responsables. Nous ne pouvons que déplorer une fois de plus la stratégie de la direction qui vise à accentuer le suivi toujours plus rigoureux des chargés au mépris de leurs conditions de travail. La direction saborde toujours plus l’hypothétique confiance qu’elle place entre elle et ses salariés au prix d’un management plus oppressant.
Pour toutes ces raisons, la CGT émet un avis très défavorable à ce projet.