Notre syndicat a été destinataire d’un courrier d’une collègue qui s’est vu signifier une fin de période d’essai au mois de juin. Il s’agit d’une salariée de COVEA PJ. Ce dernier fut adressé entre autres à Messieurs Bardet et Guillemard, le 23 juin 2025.
Le contexte de cette fin de contrat interroge pour différentes raisons.
COVEA PJ recourt de façon conséquente à ce mode de rupture. En effet, sur les 25 ruptures de période d’essai au sein du périmètre CSEE Le Mans, 19 ont eu lieu chez Covéa PJ, en 2024.
Soit cette Direction est malchanceuse quant à son recrutement soit elle démontre une facilité déconcertante à recourir à ce subterfuge pour se débarrasser de collègues, présentant un profil jugé indésirable.
Dans cette seconde option, la procédure est pour le moins abusive, la période d’essai servant uniquement à évaluer les compétences professionnelles du salarié avant son embauche définitive ou temporaire.
Si un employeur reproche une faute à son salarié, il doit alors mettre en place une procédure de licenciement.
La chronologie du présent dossier interpelle et les motifs de la rupture du contrat de la salariée nous questionnent.
Rappelons tout d’abord que la salariée a participé positivement à la réussite au challenge Satisfaction client 2025 avec une note de 9,5 au sein de son équipe.
Fin mai 2025, la salariée demande à participer à la réunion d’information organisée par la CGT.
Des congés payés lui sont accordés sur la période du 26 mai au 10 juin, ce qui est pour le moins curieux pour une salariée qui ne serait pas aux attendus !
Le 11 juin 2025, l’intéressée participe à la réunion d’information.
Le 17 juin 2025, la salariée va avoir droit à une explication de texte pour donner suite à des doubles écoutes qui ont eu lieu les 10 et 11 juin.
Les impressions du manager ne reposent sur aucun élément objectif, ce qui laisse supposer que le motif réel est la participation à des heures d’information.
La CGT condamne, à cet effet, toutes formes de pressions ou de sanctions ayant pour origine une discrimination ou pour but de faire rentrer le salarié dans le rang.
C’est pourquoi, notre organisation vous interpelle sur cette situation et exige des explications concrètes sur cette dernière.
Ce dossier n’est pas un cas isolé. La CGT souligne par ailleurs que l’intéressée ne manque pas de préciser au sein de sa correspondance :
« Je vous écris suite à la rupture brutale de ma période d’essai, intervenue le 18 juin 2025 à 17h30. Les circonstances entourant cette décision, croisées avec de multiples témoignages et éléments vérifiables, révèlent ce qui apparaît de plus en plus clairement comme une pratique systémique, bien ancrée au sein de votre entreprise : l’instrumentalisation abusive de la période d’essai pour écarter des salariés sans justification valable.
Les publications identifiées par mon partenaire Social Media Analyst sur les réseaux sociaux en témoignent : de nombreux anciens collaborateurs font état de ruptures soudaines, non motivées, dans des contextes similaires. Ces éléments sont d’ores et déjà en cours de certification par commissaire de justice, en vue d’un usage probatoire. »
La CGT a été amenée à intervenir à plusieurs reprises suite à des dérives managériales ayant entrainé des arrêts de travail.
Notre organisation constate tout autant des manquements quant à l’accompagnement des salariés en période d’essai.
Les avis joints ne sont pas élogieux, citons :
« Le corps managérial incompétent et surtout aucun professionnalisme…/… »
« Renouvellements et renouvellements de période d’essai abusives des juristes embauchés directement en CDI »
Il s’agit certes d’avis de salariés éconduis mais il n’en demeure pas moins l’existence d’un nombre de ruptures d’essai alarmant.
De plus, la CGT tient à rappeler que les fins de période d’essai doivent aussi respecter des règles de bienveillance.
Est-ce toujours le cas en l’espèce ? La CGT émet de sérieux doutes.
Fort de ce constat, la CGT souhaite connaitre le nombre exact de fins de période d’essai depuis le 1er janvier 2025 chez COVEA PJ et afin d’en vérifier le bien-fondé, les motivations de ces dernières.
Il nous appartient de vérifier l’interprétation que la Direction COVEA PJ fait de la rupture de la période d’essai et la signification de cette pratique assidue hors norme.
La CGT mettra tout en œuvre pour faire la lumière sur cette pratique.
Sarah
dit :Merci pour votre action et votre solidarité, je vous suis reconnaissante et nous resterons dans la lutte jusqu’à ce que justice soit faite !